Optimiser ses entrées sur Turbowarrants dans une stratégie de scalping intraday sur le CAC 40
Je voudrais revenir sur le post de Stéphane Bodin, présentant la stratégie « break out »
(http://www.boursorama.com/forum/message.phtml?page=1&id_message=359249124)
Un point important de cette stratégie est de jouer sur des variations marginales du support (ex : 4 à 5 points sur le CAC 40)
Le fait de jouer sur de si petits écart incite certain à penser que cette stratégie est inutilisable sur turbowarrants à cause du « spread » (écart entre le prix à la vente et à l’achat proposé par l’émetteur du turbo) de ces produits habituellement de 3 cents.
Je voudrais démontrer ici, comment il est possible dans une stratégie de scalping intraday (a laquelle on peut apparenter le break out), en utilisant les propriétés du turbowarrant et de l’ordre à cours limité, de retourner à son avantage le « spread » pour faire du turbowarrant le meilleur outil adapté à cette technique.
Le Turbowarrant : il s’agit d’un produit dérivé émis par un organisme financier lequel sera tenu par un contrat avec Euronext d’assurer l’animation du carnet d’ordre du produit tout le long de sa vie.
Le plus souvent les turbowarrants ont une durée de vie connue des leur émission, mais quelquefois l’échéance pourra être dite « ouverte » c'est-à-dire que l’émetteur se réserve le droit de retirer le produit du marché s’il juge que ces caractéristique sont devenue obsolètes (ex : les Turbowarrants de la Société générale)
Il existe les Turbocalls qui amplifient les variations du sous-jacent à la hausse ; et les Turboputs qui amplifient les variations du sous-jacent à la baisse.
Le strike : Les Turbowarrants ont un « strike » c'est-à-dire une borne désactivante : une limite à partir de laquelle le produit de vaudra plus rien et sera retiré du marché (le pauvre trader en position perdra alors définitivement sa mise…)
La parité : correspond au nombre de turbos nécessaires pour acheter le sous-jacent.
Exemple : un turbocall sur CAC 40 de strike 5000 avec un CAC à 5050 vaudra théoriquement 5050 – 5000 = 50 euros.
Mais si la parité est de 100 (ce qui est le cas le plus souvent) la valeur théorique sera 50/100 = 0.5 euros.
Ceci est important : on notera donc qu’un turbo sur CAC de parité 100 varie de 1 cents pour chaque variation de 1 point du CAC 40.
Remarque : Je parle ici de valeur « théorique » car pour obtenir la véritable valeur d’un turbo, il faut rajouter à la valeur donné par cette soustraction les frais de financement.
Les frais de financement : sans rentrer dans le détail (ce dont je serai incapable) il sont composés essentiellement d’une prise en compte des taux d’intérêts (qui décroît linéairement tout le long de la vie du turbo) et d’une prise en compte éventuelle des versements de dividendes.
Remarque : nouvel intérêt de jouer intraday : on ne subit jamais l’érosion due au temps qui passe car les réajustement ne se font qu’après clôture.
L’ordre à cours limité : il devrait être le seul type d’ordre utilisable sur les Turbowarrants.
Il permet d’acheter et de vendre à un cours déterminé : on sera alors servi à l’achat a ce cours ou moins cher, mais jamais plus cher. (Inversement pour la vente : on sera servi a ce cours ou plus cher mais jamais moins cher)
Les ordres à cours limité sont les seul a apparaître dans le carnet d’ordre, si plusieurs ordres sont passés au même cours, ils seront alors exécutés selon leur ancienneté dans le carnet d’ordre (des plus anciens au plus récents)
Ceci est important car le marcket maker (MM) qui assure l’animation du carnet d’ordre du Turbowarrant (avec des ordres à cours limités) est considéré par les ordinateurs d’Euronext comme un intervenant comme un autre)
Exemple de stratégie de scalping intraday sur le CAC 40 :
Le turbowarrant choisi sera très prés du strike pour bénéficier de l’effet de levier (turbocall avec strike à mois de 2 % pour l’exemple) ; il devra de plus être extrêmement liquide, car le but visé ici n’est pas d’acheter au cours proposé par l’émetteur mais d’échanger avec un autre intervenant. (Les turbowarrants de Citigroup réponde le plus souvent à ces critères)
Exemple : Le CAC est à 5100, et notre turbocall à un strike 5000 et une parité de 100, sa valeur théorique sera alors de (5100-5000)/100 = 1 euro.
La fourchette proposée par le MM est de 1.00 – 1.03 (spread de 3 cents)
Nous prenons alors position à l’achat avec un ordre a cours limité à 0.99 euros sur le turbowarrant (1 point en dessous du prix d’achat proposé par le MM)
Si le CAC descend d’1 point, la fourchette du MM sera alors 0.99 – 1.02 : nous nous retrouvons alors avec un ordre à cours limité égal à celui du MM…mais comme notre ordre est plus ancien il passera alors en priorité sur celui du MM.
Une fois notre ordre exécuté, on passe tout de suite l’ordre de vente : on suppose que la fourchette est toujours 0.99 – 1.02 ; l’ordre de vente est donc passé à cours limité à 1.03.
Si le CAC remonte d’un point la fourchette proposé par le MM passe à 1.00 – 1.03 : nous nous retrouvons donc de nouveau à égalité avec le MM pour notre ordre de vente…mais à nouveau, notre ordre étant plus ancien, nous passerons alors en priorité sur le MM.
…Et voila comment avec un CAC qui ne bouge pas et fait même un aller-retour dans le sens inverse de notre prise de position il est possible de réaliser en quelques seconde une PV de 4%.
Bien entendu tout ne se passe pas de façon si idyllique en situation réelle. De plus ceci n’est vraiment possible qu’avec des prises de position de petite taille (1500 – 2000 euros) …et attention aux exécutions partielles.
…A bon entendeur.
http://www.boursorama.com/forum/message.phtml?page=1&id_message=359393558